Mobile first : le nouveau challenge des TPE et PME
- 15 avr. 2018
- 3 min de lecture

« Le meilleur endroit pour cacher un corps ? La deuxième page des résultats de Google. » Sous ses airs de plaisanterie égrillarde, la course pour la première page des recherches est devenue un enjeu de taille pour les entreprises.
Nous connaissons aujourd’hui plus d’un support pour naviguer sur Internet. En effet, la transition du bon vieil ordinateur au support mobile est un bouleversement pour les professionnels. Un client tranquillement installé derrière son bureau avec son ordinateur n’a pas les mêmes besoins que celui qui consulte son téléphone dans les transports. Ce nouveau type d’utilisation dépasse même la sphère professionnelle. Il s’agit d’une véritable révolution sociétale. Aujourd’hui, c’est principalement sur leurs téléphones portables que les usagers effectuent le premier contact avec une marque. Par conséquent, les requêtes sur mobile explosent. Selon le Baromètre du numérique de 2017, le smartphone a même dépassé l’ordinateur comme support le plus utilisé pour surfer sur Internet(42% contre 38%).
Depuis le mois d’octobre, Google a commencé à classer certains sites dans son index « mobile first ». Concrètement, le géant californien tend à privilégier les sites adaptés aux smartphones, autrement dit "responsive design", dans les résultats de recherche et à pénaliser ceux qui ne le sont pas. Le nombre de sites indexés est encore limité mais avec l’usage exponentiel du smartphone, ce type d’indexation va se généraliser.

Le téléphone, le support le plus utilisé pour surfer sur Internet devant l’ordinateur.
En 2015, aux prémices du « mobile first » - priorité au mobile-, une étude indiquait déjà une perte de 36% de visibilité pour le site de Rue du Commerce. De son côté, celui de Skyrock accusait une perte de 20%. Internet étant devenu la première source d’information des consommateurs, la perte de plusieurs places dans les résultats de recherche peut être catastrophique pour l’activité d’une entreprise. Le nom
que certains professionnels ont d’ailleurs donné à ce projet, « mobilegeddon », illustre bien la crainte que c
elui-ci leur inspire.
Les grands groupes ayant de gros moyens financiers n’auront aucune difficulté à adapter leur site au support mobile. Il en va de même pour les startups et les agences du digital, très spécialisées dans le domaine. En revanche, les PME devront allouer plus de moyens au développement de leur site Internet pour éviter de passer à côté de cette révolution des usages. Et malheureusement, pour s’adapter au changement, il n’y a pas de solution miracle. Il faut le plus souvent entièrement repenser la structure du site.
« La plupart des sites Internet de PME ne sont pas optimisés pour le mobile"
Victor Lerat, consultant en référencement naturel à Nantes.
Il est donc préférable de faire une refonte intégrale du site pour concevoir celui-ci avec une interface adaptée au téléphone car il est difficile de broder un site mobile firstà partir d’un site qui a été conçu pour ordinateur. La première contrainte est donc d’ordre technique.
Mais il existe également une contrainte rédactionnelle puisque « les PME ont aussi tendance à réduire le contenu textuel de leur site ». En effet, la qualité du contenu d’un site reste très appréciée de l’algorithme de Google, qui met en avant les sites jugés les plus qualitatifs. Cependant, l’optimisation du site pour les moteurs de recherche ne fait pas tout.
« Il ne faut pas prendre ce changement d’algorithme comme une catastrophe. Google utilise une communication de la peur mais dans les faits, on utilise surtout notre téléphone pour visiter les sites et non pour acheter», rassure Victor Lerat. Il ne faut pas oublier de mettre en place des outils de retargeting ou "recyclage" en français pour inciter les visiteurs à l’achat une fois qu’ils ont visité le site.
Thomas Rautureau





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